altered souvenirs

Au XXème siècle, l’envoi d’une carte postale ne servait pas seulement à donner des nouvelles, il permettait de faire voyager avec soi leurs destinataires. Il est surprenant de constater à quel point le patrimoine local des villes et villages était représenté sur les cartes postales, recréant ainsi un large fonds documentaire. Vestige d’un passé pourtant pas si lointain, la carte postale est jugée comme une pratique obsolète par l’usage d’internet et l’immédiateté des réseaux sociaux ; pourtant elle est le support d’une mémoire tant collective que personnelle.

Je collecte des cartes postales, puis les transforme par glitch art, opérant ainsi un travail esthétique s’appuyant sur la mémoire. Mes travaux s’articulent autour d’une mémoire imprimée, altérée par l’erreur informatique. Je joue ainsi avec les marques de détérioration physique des cartes postales et j’y appose une déstructuration numérique créée par la manipulation du code source.

À l’heure où l’on blâme internet de ne pas être en mesure de sauvegarder nos données et notre patrimoine local, ces cartes postales oubliées illustrent l’ambivalence d’une mémoire collective fragmentée et surtout déficiente.

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